Corse

28 septembre au 5 octobre 2025

Lieu Belambra Clubs « Golfe de Lozari » – Golfe de Lozari
20226 Belgodère, France

La Corse surnommée « île de beauté » nous attend en ce dimanche 28 septembre.
Nous partons à la découverte ou redécouverte pour certains de « la montagne dans
la mer » ses paysages variés, ses villes côtières, ses forêts, ses montagnes
escarpées et ses plages. Après un vol Nantes Bastia d’1h35 nous sommes attendus
à l’aéroport à 16h par notre chauffeur qui se présente Pierre Ange. Et nous repartons
pour un trajet d’environ 1h15 pour atteindre le village vacances Belambra Belgodère.
A peine sommes-nous installés que voilà la réunion de bienvenue et le pot d’accueil.

Lundi 29 septembre

Après une nuit de repos nous avons une matinée libre pour découvrir le village, les
alentours et la plage toute proche. Après le déjeuner nous partons pour la première
excursion.
La ville côtière de Saint Florent est au programme de l’après-midi. Nous faisons
connaissance avec Marie-Pierre, notre guide pour la semaine. Elle nous présente
notre chauffeur qui en réalité se prénomme Fabien. Il nous avait fait une petite farce
à notre arrivée en se prénommant Pierre Ange ! Distante de 28km environ nous
avons 1h de trajet à travers le maquis sur une route sinueuse. Elle fait la jonction
entre La Balagne et le Nebbio et traverse les Agriates. Une anecdote : c’est sur une
plage des Agriates que la scène du débarquement du film « le jour le plus long » a
été tournée et non en Normandie car il y avait trop de résidences secondaires sur le
littoral normand. Niché au creux d’un golfe le site est occupé depuis la préhistoire. Ce
port de pêche crée au milieu du xv siècle en 1439 par les génois qui vivaient dans la
citadelle est aujourd’hui une destination touristique prisée. Le Monte Genova, un
Inselberg, domine le golfe de Saint Florent. Le long de la route nous voyons des
« paillers », un abri pour les bergers très nombreux autrefois et la chapelle Saint
Pancrace. Il est connu comme le protecteur des bergers et des bandits ! La visite
débute par la place entre la partie ancienne et la partie moderne où nous
remarquons l’influence italienne des maisons et les façades colorées. Une petite
ruelle nous emmène vers la place Doria, sa fontaine aux grenouilles et l’église Sainte
Anne. Elle se fête le 26 juillet et la coutume autrefois était qu’après la cérémonie l’on
mangeait des cuisses de grenouilles. Simple oratoire en 1629 elle a connu des
agrandissements au cours des siècles avec le développement de la marine au XVIII
siècle. Nous continuons vers la citadelle. Construite en 1469 par les génois et par sa
position stratégique elle a occupé une place commerciale importante. L’originalité de
sa forme en font un fleuron de l’architecture militaire. C’était un espace clos entouré
de murailles qui abritait des maisons d’habitation. C’était également le cœur de la
défense jusqu’au milieu du XIX siècle. L’Office de tourisme y occupe un bâtiment.
Elle nous offre une vue spectaculaire sur le golfe. Les petites ruelles nous ramènent
à l’église Sainte Anne pour une visite de l’intérieur. Sur les côtés de l’autel se
trouvent les statues de la vierge à l’enfant et Saint Erasme le patron des marins et
des pêcheurs. Le tableau de l’autel représente une scène de l’éducation de Marie
enfant avec Sainte Anne sa mère. Au-dessus le cartouche représente un pélican,
symbole de l’Eucharistie, avec des oisillons. Sur le côté nous voyons une chapelle de
la confrérie de Sainte Croix. Diverses statues, Saint Roch, Saint Antoine, La Vierge,
un beau chemin de croix et Jeanne d’arc, des statues sulpiciennes de décoration
habillent les murs. Nous profitons ensuite d’un temps libre pour flâner sur le port et
dans les ruelles avant de prendre le chemin du retour. Marie-Pierre nous détaille la
végétation du maquis, l’olivier, le chêne vert, le chêne liège, l’agave, l’oléastre, le pin,
l’arbousier, le pistachier, le myrte, le romarin, la lavande… En cette saison seul le
Cyste de Montpellier souffre de la chaleur.
Après le dîner une soirée animée nous attend sur la terrasse.

Mardi 30 septembre

Nous partons dès 7h30 du matin pour une journée d’excursion au Cap Corse, un
condensé de tous les attraits de la Corse : tours génoises, maisons d’américains et
leurs mausolées, les plages et les villages perchés à flanc de montagne. Au lointain
le soleil éclaire les aiguilles de Popolasca. Bastia est la première halte du jour. La
ville représente un bassin de vie pour environ 70 000 personnes. Nous traversons
Ponte Leccia et son pont génois sur le Golo, le plus long fleuve de Corse avec ses
89km. A proximité de celui-ci nous voyons les ruines d’une ancienne usine de tanin
pour le tannage des peaux. Puis nous passons à Ponte Novu célèbre pour la bataille
décisive qui sonna le glas de l’indépendance de la Corse. L’Ile fut indépendante
durant 14 ans de 1755 à 1769, date de la prise par les Français. La route est bordée
de vignes et de plantations de clémentines protégées de la grêle et des oiseaux.
Lucciana et sa centrale électrique alimente la Haute Corse et les serres très
nombreuses pour le maraichage. Cependant 95% de la nourriture consommée en
Corse est importée. Et nous arrivons en périphérie de Bastia en passant devant
l’hippodrome, Biguglia et la statue équestre de Vincentello D’Istria, un seigneur du
sud virulent contre la république de Gênes. Puis Furiani, son stade, et nous longeons
la plage avec la vue sur l’île d’Elbe et l’île de Capraia. Nous traversons le quartier
Saint Joseph, patron de Bastia, avant de nous arrêter sur la place d’Armes devant la
citadelle. Le petit château de 1381est le point de départ de la grande ville génoise
avec sa citadelle édifiée au XVIème siècle. Nous découvrons le patrimoine religieux
de la cathédrale Sainte Marie, sa belle façade ornée de pilastres, de frontons
triangulaires et de statues dans les niches. Le décor intérieur est très riche, marbre,
stuc doré et vitraux de style baroque. De chaque côté de l’autel les stalles sont
sculptées avec le siège du gouverneur et légèrement plus haut celui de l’évêque.
Une statue de la vierge en papier maché se trouve derrière l’autel. Un tableau de
l’Assomption de 1512 et la Remise du Rosaire ornent les chapelles de gauche et
droite sans oublier le tableau des Ames du Purgatoire. L’autel dédié à Sainte Anne
est un des plus majestueux. Le sol a été réalisé avec 3 sortes de marbre, le blanc de
Carrare, le rouge de Levanto et le gris de Corte. Sept chapeaux d’évêques sont
suspendus rappelant la présence de leurs tombeaux dans la crypte. Nous en sortons
par la rue de l’évêché pour aller visiter l’église de confrérie de Sainte Croix dédiée à
l’annonciation avec ses trésors du XVIII siècle : le grand retable du maitre autel en
marbre polychrome, le superbe orgue italien, les stalles le long des murs, le Crucifix
Noir des Miracles et le tableau de la Vierge Marie avec l’ange Gabriel et les putti. Les
confréries existent depuis le XIV siècle en méditerranée et sont profondément
ancrées dans la tradition corse. C’est un aspect d’identification et culturel très fort.
Les confrères sont des laïques dont le but premier est la bienveillance et l’aide aux
familles dans le deuil. Elles étaient très actives au moyen âge et rachetaient des
captifs aux barbaresques jusqu’au XVII siècle. Ils construisaient de belles églises et
jouaient un rôle de mécènes en transmettant des savoirs. La révolution marque un
déclin. Un nouvel élan a vu le jour depuis une quinzaine d’année avec l’engagement
de beaucoup de jeunes. Vecteurs de culture ils transmettent les chants religieux. Ils
s’investissent dans le lien social, la présence auprès des personnes âgées,
l’enseignement du catéchisme et l’animation des offices religieux. Actuellement il
existe 80 confréries réunissant 4000 confrères. Dans la citadelle le palais du
gouverneur avec sa grande tour surmontée d’une cloche affirmait la puissance de
Gênes et était le symbole du pouvoir politique. Douze nobles représentant les
régions du Nord de la Corse et six représentant les régions du Sud assistaient le
gouverneur. Aujourd’hui le palais est devenu le musée de Bastia consacré à l’histoire
de la ville, il abrite également les objets découverts en mer. Nous en sortons par de
grandes portes qui protégeaient la sortie. L’escalier Romieu nous fait accéder au
vieux port dédié essentiellement à la plaisance et toujours quelques pêcheurs. En
arrivant sur le quai au sol une rose des vents décline le nom des vents. Le long de la
voie piétonne les constructions du quartier résidentiel sont disposées en
amphithéâtre avec les immeubles signés Pouillon construits vers 1950. Derrière les
maisons l’on peut apercevoir la façade baroque de l’église Saint Jean Baptiste
construite entre 1635 et 1665. Nous y entrons par la place du marché. Les chapelles
latérales sont dédiées aux gens de mer, d’un côté les marins, de l’autre les pêcheurs.
La tribune d’orgue en forme de coupe de bateau est décorée des scènes de vie de
Saint Jean Baptiste. Nous nous dirigeons vers l’oratoire Saint Roch dans la rue
Napoléon en passant devant l’ancien hôtel de ville et sa façade de style italien sur la
place Casalta. Ce lieu de culte très fervent aujourd’hui surprend par la richesse de
ses décors intérieurs. La place Saint Nicolas entourée d’immeubles est le cœur de la
ville. Longue de 300m elle est bordée de palmiers et de terrasses de cafés.
Napoléon y trône au sud en Dieu romain. Le kiosque du sous-marin Casabianca
avoisine le ferry de la Corsica Linéa. Le bus nous attend pour le départ vers Sisco
pour le restaurant du déjeuner. Nous quittons Bastia en passant devant la nouvelle
mairie et les bâtiments de la CCI. La route longe le port de plaisance et le littoral :
Lavasina et le sanctuaire de la Vierge Marie, les jolies maisons appelées « les
folies » à l’architecture particulière et les tours génoises. Un déjeuner typique nous
attend : une tarte à l’oignon de Sisco, des lasagnes de veau très copieuses et une
salade de fruits. Sans tarder nous reprenons la route qui longe le littoral et faisons un
arrêt à la tour de l’Osse. Marie-Pierre en profite pour nous parler des tours génoises,
le système de défense et de surveillance mis en place sur les côtes par le génois au
16 et 17 ème siècle. Généralement de forme ronde elles étaient construites sur le
même modèle, en vue des unes et des autres et distante de 20km. A la base étaient
stockées les réserves d’eau, de bois et de nourriture. Au-dessus se tenait la pièce à
vivre avec une échelle pour y accéder. Au dernier étage une terrasse crénelée « la
Guardiola ». Lorsqu’un danger se profilait la fumée du feu sur la terrasse servait de
signal pour la tour suivante. Elles avaient aussi la mission de douane pour encaisser
les taxes portuaires et sanitaires pour refuser l’accostage lors des épidémies de
peste. A Santa Severa nous traversons le cap en direction du col de Sainte Lucie
avant de redescendre vers la côte ouest. Marie-Pierre nous conte la légende : Lucie
s’est arraché les yeux afin de guérir sa maman malade. Marie touchée par cette
histoire lui a rendu ses yeux encore plus beaux et plus lumineux. Elle est fêtée le 13
décembre symbolisant la fête des Lumières. Un arrêt à Pino où l’on remarque une
maison tour fortifiée, le bord de mer étant dangereux au XVIIème siècle. La grande
famille PICCIONI y a fait bâtir un tombeau impressionnant après avoir fait fortune en
Amérique du Sud. Camille PICCIONI avait épousé la fille de Gustave EIFFEL, c’est
là qu’elle repose désormais. En contrebas nous distinguons les ruines d’un couvent
franciscain. La route sinueuse, bordée de rochers escarpés avec des taffonis de
forme ronde nous mène en contrebas du village de Barrettali spécialisé dans la
production de cédrats, 40 000 tonnes environ par an étaient récoltées en Corse. Puis
c’est Canari avec son ancienne usine d’amiante et la plage de sable noir à Albo.
Nous poursuivons vers Nonza, De nombreux tombeaux bordent la route. Une
majestueuse tour paoline carrée construite par Pascal Paoli pendant la guerre
d’indépendance domine le village. Une petite église baroque est dédiée à Sainte
Julie. Elle fût martyrisée par les romains qui lui coupèrent les deux seins. Deux
sources ont jailli à l’endroit où ils furent jetés. Et à son dernier souffle, attachée à un
figuier, une colombe sortit de sa bouche. Nous longeons la côte avec ses différentes
roches, granit, calcaire, schiste et nous admirons les beaux paysages qui s’offrent à
nous. Nous traversons le très réputé vignoble de Patrimonio, premier AOC de Corse,
depuis 1968. Dernière étape de la journée nous traversons Saint Florent en passant
devant les beaux hôtels anciens et le cimetière des goumiers. Le nom de l’un d’entre
eux nous interpelle et est traduit par Marie-Pierre hôtel « Basgi Basgi » qui veut
bisous. Après cette journée bien remplie des chants corses nous sont proposés
après le dîner.

Mardi 1 er octobre

Une matinée libre nous permet de nous reposer de la journée intense de la veille.
Certains se promènent le long du sentier qui mène à la tour génoise de Lozari.
D’autres se baignent, se reposent où font quelques achats au magasin Spar à
proximité du village vacances.
L’après-midi nous partons pour les vieux villages au cœur de La Balagne. San
Antonino est notre destination. C’est un bel exemple d’architecture médiévale corse
et offre une vue à 360° sur La Balagne. Chemin faisant nous passons par Monticello,
le village de la villégiature de Jacques DUTRONC et de la sépulture de Michel
ROCARD. Puis nous traversons L’Île Rousse avec un aperçu sur la maison de
Michel FUGAIN. Après la vue de la baie d’Algajola, du port de Sant’Ambroggio et un
aperçu de la baie de Calvi nous empruntons une petite route bien sinueuse. Au
passage en traversant Lavatoggio nous remarquons la belle église décorée de jaune.
Nous voici au pied de Sant’ Antonino un village bâti au 9 ème siècle à 497m d’altitude
pour se protéger des invasions maures. 75 maisons s’enroulent autour du piton
rocheux. Au pied du village se trouve l’église dédiée à l’annonciation. L’orgue est
posé sur une très belle tribune et son buffet est décoré d’une scène de la vie de
Sainte Cécile, elle est la patronne des musiciens. Une particularité : l’autel mur avec
la sacristie incorporée dans l’autel à l’arrière. Le chœur comporte deux autels
latéraux en stuc et deux autels en marbre dans la nef. L’ensemble est complété par
un imposant chemin de croix sculpté et au fond de l’église la statue de procession et
son support. Sur la gauche se trouve la chapelle de la confrérie dédiée à Saint
Antoine de Padoue dont le décor peint a été très bien conservé Nous empruntons les
ruelles étroites, les pentes raides et les passages voûtés pour atteindre la terrasse
en haut du village qui nous offre en récompense de cette montée un peu difficile une
superbe vue. Après cette visite sportive notre destination est Belgodère, un village de
montagne traditionnel à environ 16 km du village vacances Belambra en bord de
mer. Le long de la route en lacets nous passons dans les petits villages balcons de
Cateri, Avapessa, Muro, Feliceto, Nessa, Costa avec une très belle vue sur la mer.
De nombreux tombeaux privés fort imposants jalonnent la route. Les oliviers, pins
parasol et chênes bordent la route. A flanc de colline le château de Malaspina
construit en 1892 et inspiré de palais italiens abrite aujourd’hui l’école et la mairie.
Maurice Utrillo a peint une partie des plafonds, il a séjourné en Corse entre 1912 et
1914 avec sa mère Suzanne Valadon. Fabien nous arrête sur la petite place devant
l’église Saint Thomas du XVI siècle entourée d’un jardin. Elle se distingue par son
architecture baroque à coupole et un intérieur très riche avec des œuvres classées :
une magnifique statue de la Vierge des 7 douleurs, un autel en marbre avec des
décors en trompe l’œil, un orgue dans le chœur et un deuxième dans la nef. La
chaire peinte possède un bras qui en sort tenant une croix. Dans la partie inférieure
d’un autel à degré se trouve le gisant du Christ. Un deuxième autel à degré
également est dédié à Saint Antoine de Padoue à côté de la statue de Sainte Lucie
tenant un plateau sur lequel sont posés ses yeux. L’église de confrérie se trouve en
face sur la place. Et il est temps de regagner Belambra où après le dîner nous attend
la soirée karaoké.

Jeudi 20 octobre

Dès 7h30 nous partons pour Porto et les calanques de Piana, une grande journée
d’excursion. Nous traversons l’Île Rousse avec le soleil et dans le port un ferry de la
Corsica Linea. Puis c’est Lumio et une vue de Calvi et de sa baie avant de passer
devant le camp RAFFALI de la légion étrangère. Fabien prévoit 2h pour les 70km qui
nous séparent de Porto. Nous prenons la direction du col de Marsulinu à 400m
d’altitude, le premier col à franchir en direction de Piana. Peu d’habitations bordent la
route. Ce sont des fermes pratiquant l’élevage des veaux et des moutons,le
Marsulinu a toujours été une terre de transhumance. En complément de l’élevage le
fromage et le miel du maquis et de châtaigniers sont une source de revenus. Les
plantations d’oliviers et des champs d’immortelles bordent la route. En chemin vers le
col de Palmarella le pont à 5 arches enjambe le Fango complètement à sec. Un petit
arrêt à 408m nous permet d’apercevoir le petit village de Girolata en contrebas. Au
XVI siècle le fortin protégeait des barbaresques le commerce des génois. L’enceinte
fortifiée se compose de deux tours, de la poudrière et d’une chapelle. Le village est
uniquement accessible par la mer ou par un chemin de randonnée long de 7km
appelé « le sentier du facteur ». Nous entrons en Corse du Sud, le très large golfe de
Porto et la réserve de Scandola. La descente vers Porto nous offre une vue sur la
plage et la tour génoise carrée. Les calanquettes avec ses trois fontaines de galets
nous mènent aux calanques de Piana. La légende veut qu’auparavant le paysage
était composé de verts pâturages. Une bergère y faisait paitre ses moutons.
Poursuivie par un homme insistant elle s’en est ouvert à son mari. Ce dernier lui
donna une rouste. Par malheur c’était le diable qui pour se venger provoqua le
chaos. La route des calanques est unique, étroite et sinueuse. D’un côté la falaise et
de l’autre un paysage de roches rouges aux formes extravagantes. Le spectacle de
la nature est de toute beauté. Fabien roule très lentement et nous pouvons apprécier
ce site grandiose et ses couleurs inoubliables. Il nous impressionne par sa dextérité
sur ses routes en lacets que nous pouvons qualifier de GR20 des autocars. Il est
impossible de croiser un véhicule sur ce trajet. Les voitures laissent passer
systématiquement les bus. Pendant la matinée Marie-Pierre nous a proposé une
promenade en mer afin de découvrir les calanques côté mer. Après un déjeuner de
charcuterie corse et de poisson nous embarquons sur le « Andréa Linda Maria » sur
une mer émeraude où se reflètent les falaises de porphyre rouge et de basalte. La
réserve nous offre les splendides paysages de grottes et de failles et quelques
dauphins nous accompagnent. Il est possible de s’approcher de très près les côtes
car nous ne sommes pas en période de nidification. Le capitaine du bateau nous
indique une curiosité : un trou dans la roche en forme de fenêtre. Après avoir atteint
l’extrémité du golfe nous revenons vers Porto avec une vue magnifique sur la plage
avec ses cabanons de pêcheurs et la tour génoise. Après un petit temps libre nous
reprenons le bus pour le chemin du retour. Nous quittons le bord de mer pour la
montagne en longeant les gorges de Spélunca. La végétation change. Un gros
troupeau de chèvres en liberté dévale la route avant d’arriver au village d’EVISA.
C’est un gros village à 880m d’altitude avec de très belles maisons de la Belle
Epoque. Nous entrons dans la forêt d’AITONE composée de châtaigniers et de pins.
Le bois est utilisé pour la fabrication de parquet et de lambris. Des vaches et des
cochons nous accompagnent vers le col de Vergio à 1478m d’altitude. Après une
halte, une route toute en lacets nous fait traverser la forêt de Valdu-Niellu. Des
fougères bordent la route. Elles sont le symbole de la Corse : « n’oublie pas tes
racines ». Les bergers les utilisent pour envelopper les fromages et en faire des
paillasses pour dormir pendant les estives. Nous arrivons dans la région de Niolu
réputée pour l’élevage des veaux, vaches, cochons, chèvres pour le fromage et la
charcuterie. Le paysage devient plus minéral. Les habitants de cette région au centre
de la Corse avaient la réputation d’être des rebelles. Albertacce possède un petit
musée du mobilier de néolithique avec pour curiosité la plus grande fibule connue en
Corse. Une pause à Calacuccia nous permet d’admirer le Monte Cinto, le point
culminant de Corse 2706m, et les « cinq moines ». La descente continue avec des
villages au fond des vallées. La chapelle Saint Pancrace est le lieu où pour la
première fois fût chanté l’hymne corse pendant l’indépendance. Selon la légende les
enfants décédés très jeunes sans le sacrement du baptême errent autour de la
chapelle. Une jolie cascade descend de la montagne et la Scala Di Régina suit le
ravin et le lit du Golo. Avant de retrouver la route territoriale Fabien roule très
doucement le long du ravin de Pitinelli. Nous suivons la voie du chemin de fer et les
aiguilles de Popolasca se détachent sur le ciel. Nous revenons au centre en soirée
après cette grande journée d’excursion et beaucoup de fatigue pour Fabien avec les
difficultés des petites routes en lacets. Après le dîner une soirée au café-théâtre nous
attend.

Vendredi 3 octobre

Découverte de Calvi.
L’entrée de Calvi longe le bord de mer, bordée de pins et d’eucalyptus. Le Fort
Charlet construit en 1845 pour la défense devint tour à tour une prison, un quartier
disciplinaire. Puis il fût occupé par l’infanterie de marine avant de devenir aujourd’hui
le centre de restauration du patrimoine de la Corse. Son port de plaisance est
dominé par les montagnes et niché au fond du golfe à l’abri des vents dominants
c’est un refuge pour les bateaux depuis l’antiquité. La citadelle dont les premières
fortifications datent du XIII siècle est bâtie sur un rocher « chauve » Calvus en latin.
Les génois s’emparent de la ville en 1238 et elle restera génoise pendant 500ans
avec sa devise « civitas Calvi, semper fidélis ». La tour du sel pour la collecte de
l’impôt est le témoignage d’un commerce florissant. Aujourd’hui Calvi vit
essentiellement en saison estivale. Avant de découvrir la ville nous montons au
promontoire de Notre Dame de la Serra, la patronne de la ville. Le sanctuaire existe
depuis 1479. Une très belle statue de la Vierge en marbre de Carrare dans une
position d’accueil a remplacé celle déposée en 1935 cassée par la foudre en 2022.
Du promontoire la vue est magnifique sur Calvi, sa baie et la presqu’île de la
Revellata. La citadelle avec ses murailles impressionnantes nous attend. Les quatre
bastions principaux encadrent les courtines. Au gré des petites ruelles parfois
pentues et des escaliers nous passons par la place d’armes. Le palais du
gouverneur, symbole du pouvoir politique, est aujourd’hui la caserne Sampiero, le
mess des officiers de la légion étrangère. A côté la cathédrale de forme carrée qui
symbolise la terre et son dôme circulaire le ciel. Au détour d’une ruelle nous passons
devant les ruines de la supposée maison de Christophe Colomb, Calvi revendiquant
d’être sa ville de naissance. Après un passage voûté nous sommes devant la maison
Giubega. Propriété de son parrain, Napoléon et sa famille fuyant Ajaccio y séjourna
en mai-juin 1793. Un escalier nous mène sur l’avenue Giovanni, l’ancien évêché et
l’escalier J Higelin devant un cabaret « chez Tao ». Son propriétaire, un ami, était l
’un des cosaques de la suite du prince Félix Youssopof ayant épousé une calvaise. Il
créa cet établissement devenu célèbre. En quittant la citadelle avant de profiter d’un
temps libre dans les rues commerçantes nous passons devant le grandiose
monument aux morts décoré d’une allégorie de la victoire. Et c’est l’heure de nous
diriger vers le restaurant du déjeuner. Avant d’arriver à l’auberge du maquis nous
passons par Calenzana, le départ du Célèbre GR20 long de 180km qui traverse la
montagne Corse. Calenzana a également la réputation d’avoir donné le plus de
bandits à la Corse. Après avoir dégusté une terrine de sanglier, un ragoût de bœuf
corse et un tiramisu, le tout avec des portions généreuses, nous partons pour Pigna,
un village du VIIIIème siècle. Il est devenu un village d’artisans et de musiciens à
partir des années 1960. C’est un très charmant village entouré d’oliviers où tous les
volets des maisons sont bleus. Sur la route Lumio, un village balcon abrite de
nombreuses célébrités : Laetitia Casta, Catherine Frot, Thomas Dutronc, Véronique
Genest, Muriel Robin et Guy Bedos qui y repose. En montant vers Corbara une
petite chapelle Saint Pierre Saint Paul avec à proximité une rangée de tombeaux qui
fait face au cimetière. Un ancien couvent des dominicains devenu aujourd’hui « la
congrégation des frères de Saint Jean » accueille les personnes désireuses d’y faire
des retraites. Un temps libre à Pigna nous permet de déambuler dans les petites
ruelles et de découvrir les ateliers boutiques d’artistes. Un enclos à bétail transformé
en amphithéâtre est très fréquenté pour des concerts et différentes manifestations
culturelles. L’église possède un chemin de croix particulier en galets. La journée se
termine par une dégustation de produits régionaux avant de regagner le centre.
Après le dîner c’est la soirée danse.

Samedi 4 octobre

Pour cette dernière matinée de visite nous partons pour l’Île Rousse qui possède le
label de petite cité de caractère. Le village moderne est né en 1758 à l’initiative de
Pascal Paoli car il avait besoin d’un port. Sa statue trône sur la place Paoli, sa devise
y est gravée : « j’ose dire que ma vie entière a été un serment à la liberté ». Il est né
en 1725 dans une famille simple mais attentive à l’éducation. La révolution de Corse
débute en 1729. En 1739 il part en exil à Naples avec son père qui faisait partie des
opposants à Gênes. Il y fait des études supérieures favorisant le contact avec les
valeurs défendues par l’Esprit des Lumières, la tolérance, la liberté et l’égalité. En
1755 élu général en chef de la nation corse il ouvre l’université et reprend les bases
de la constitution écrite en 1735 dont le suffrage universel indirect et le vote des
femmes s’il n’y a pas de représentation masculine dans la famille. Le droit au
bonheur (une vie décente) est inscrit dans la constitution. Elle va inspirer La
constitution des Etats Unis d’Amérique. La place Paoli réaménagée au XIX siècle
est bordée de platanes et de grandes maisons. Aujourd’hui il nous est difficile de
l’apprécier car elle est très encombrée par les préparatifs d’une foire ouvrant l’après-
midi. A proximité c’est le marché couvert avec ses 21 colonnes et sa belle charpente
qui a été inauguré au milieu du XIX siècle. Les pêcheurs disposant d’une halle à part
n’y avaient pas accès et devaient rester sur les marches. Un platane à l’angle de la
place est appelé « l’arbre des fainéants ». C’étaient le rendez-vous des personnes
attendant une embauche. Les personnes non embauchées restaient trainer sous
l’arbre. Nous continuons sur la Marinella le long de la plage. Le château Piccioni,
aujourd’hui hôtel Napoléon est une construction imposante date de la fin XIX siècle.
Le chemin de fer se développe et son tracé devait contourner la ville. Mais Madame
Piccioni souhaitait voir le train passer. Monsieur Piccioni participa de façon
importante au financement et le train passa sous les fenêtres du château longeant la
plage. Puis le château fut transformé en hôtel de luxe et contribua au développent du
tourisme. Pendant la deuxième guerre mondiale c’était le QG des troupes italiennes
et en 1953 le roi du Maroc l’occupa. A côté l’ancien institut des filles de Marie, une
école de jeunes fille, est aujourd’hui un espace dédié à la culture. En longeant la voie
ferrée et la plage nous nous dirigeons vers le premier port de l’île « le scalu ». Sur la
place de la mairie la tour Fabiani est un vestige de cette grande famille. Construite
au XVII siècle elle protégeait leurs biens. Par la suite elle fût un entrepôt de sel, une
poudrière et une prison. Nous passons devant le square Tino Rossi pour aller au
monument aux morts une figure féminine offrant son fils à la France. Devant nous sur
le point culminant de l’île se dresse le phare de la Pietra et la tour génoise du milieu
XVI siècle. Une petite sirène nous surprend sur son rocher. En face du port et de la
gare maritime dans des petits jardins se trouvent les vestiges des remparts et des
ancres de bateaux. L’ancienne caserne de Paoli abrite aujourd’hui la mairie. Dans la
rue Notre Dame se trouve l’ancienne petite halle des pêcheurs avec la statue de
Saint Erasme et les nasses à langoustes en myrte. Un temps libre permet à chacun
et chacune de flâner dans les petites rues, de faire du shopping…
Le parc de Saleccia, l’art des jardins au cœur du maquis, nous attend pour terminer
cette matinée de visite. Cet espace est occupé depuis la préhistoire. Il a connu son
apogée au XIX siècle. Un millier d’oliviers y ont été plantés à cette époque où La
Balagne était le jardin de la Corse. Introduit par les phéniciens l’olivier est l’arbre le
plus ancien cultivé par l’homme. Dans les année 1820 la Corse était le plus grand
producteur d’huile d’olive pour l’alimentation et les savons. En 1974 un gigantesque
incendie ravage la région et détruit la quasi-totalité des oliviers. Après des années de
labeur, la regreffe de centaines d’oliviers et la constitution de collections végétales le
parc botanique ouvre ses portes en 2003. Nous cheminons entre les oliviers, les
cyprès qui font le lien dans les cimetières entre la terre et le ciel, les lauriers roses, le
chêne vert, le lentisque, le pistachier lentisque, l’euphorbe, le cyste à feuille de
sauge, le cyste de Montpellier, l’arbousier, le myrte et bien sûr l’immortelle. Une
petite pause est la bienvenue sous un chêne de 130 ans après l’espace
méditerranée, le pavot blanc de Californie, le romarin, le cinéraire, les agapanthes,
les amandiers et un petit plan d’eau avec des carpes. La vallée des lauriers bordée
de roses et de lavandes nous mènent au jardin des quatre couleurs, bleu, rouge,
jaune et blanc pour une halte à l’ombre. Et nous terminons la visite de ce cadre
exceptionnel par l’espace fleuri au jardin des roses.

Le bus nous ramène au centre pour le déjeuner. Chemin faisant nous remercions
Marie-Pierre pour la passion avec laquelle durant la semaine elle nous a parlé de La
Corse, ses valeurs, son patrimoine et ses paysages. Nous remercions Fabien pour
sa bonne humeur et sa conduite toute en douceur.
La dernière après-midi est libre. Chacun et chacune vaque à ses occupations : la
plage, un dernier bain, une promenade en bord de mer, des derniers achats et la
préparation des bagages pour le départ du lendemain. A 18h nous avons un rendez-
vous en bord de mer pour un apéritif qui clôture le séjour.

Dimanche 5 octobre

Notre séjour se termine et après le déjeuner Fabien nous raccompagne à l’aéroport
pour le vol du retour. Nous sommes attendus à Nantes et pendant le trajet qui nous
ramène en Morbihan nous pouvons nous remémorer le séjour riche en découverte
avec le soleil qui nous a accompagné toute la semaine.